Son nom ne vous dit peut-être rien, mais Suzanne Shank est l’une des afro-américaines les plus riches et les plus influentes de Wall Street. En 2016, la valeur de sa société était estimée à environ 2000 milliards de dollars. Portrait d’une entrepreneuse qui a su puiser dans le meilleur de sa communauté.  

Parcours

 

Suzanne Shank est née en Géorgie dans une famille de la classe moyenne. Sa mère est enseignante et son père était le premier chauffeur de bus noir de Géorgie. La petite Suzanne a tout du petit prodige.

À 3 ans à peine, elle sait déjà lire. À l’école, elle excelle en maths et en sciences et, sur les conseils de ses professeurs, se lancera dans des études d’ingénieur. Fraîchement diplômée de la prestigieuse Georgia Tech, elle fait ses premiers pas dans la vie active chez General Dynamics, où elle travaillera sur un projet de sous-marin nucléaire. Mais la jeune femme décide que son avenir est ailleurs et reprend le chemin de l’université. Elle décroche alors un master en administration des affaires qui lui ouvre les portes d’un nouveau monde : Wall Street.

Pendant quelques années, elle frappe à la porte de plusieurs grosses entreprises à la recherche d’un emploi. Elle est finalement engagée dans une petite compagnie, deux mois avant le krach d’octobre 1987. Par la suite, elle accordera sa préférence aux entreprises de plus petite taille. En 1996, elle s’associe à Muriel Siebert, la première femme à avoir acheté un siège à la bourse de New York, et Napoléon Brandford. De cette union naîtra Siebert Branford Shank.

Après la mort de Siebert et le départ à la retraite de Brandford, c’est Shank qui occupe aujourd’hui la direction de la firme.    

 

Siebert and co

 

La compagnie se spécialise dans l’assurance d’obligations municipales, entre autres instruments financiers. Elle sert par exemple de conseiller financier dans des projets liés à diverses infrastructures (aéroports, routes, écoles, approvisionnement en eau, etc).

Mais la route vers le succès n’a pas été de tout repos. Treize ans après sa création, l’entreprise a dû affronter la crise financière. Shank et son équipe ont choisi de profiter de la situation pour s’entourer de banquiers expérimentés, ce qui a doublé la taille de la société.

Cette croissance leur a permis de devenir la première compagnie appartenant à une « minorité ou à une femme » à figurer dans le top 10 des assureurs spécialisés dans les obligations municipales en 2010. Bien que le siège soit installé à New York, Shank a également tenu à garder ses bureaux à Détroit.

 

Quelques conseils

 

En dehors de son travail, la femme d’affaires est mère de deux filles. Jongler entre vie de famille et carrière est une priorité pour celle qui avoue préférer les coulisses au devant de la scène. Shank est également très impliquée dans la communauté de Détroit, qu’elle essaie d’aider autant que possible.

Elle conseille notamment des jeunes de sa ville intéressés par la finance. Philanthrope, elle fait également partie du conseil d’administration du Spelman College, une université non-mixte majoritairement fréquentée par des Noires et du musée d’histoire afro-américaine Charles H. Wright.

Lorsqu’on lui demande si elle a des regrets, elle admet qu’elle aurait dû oser demander plus d’argent à ses débuts, et affirme que la nouvelle génération, en particulier les jeunes femmes, a raison de ne pas avoir peur de dire ce qu’elle veut. Elle recommande également de se spécialiser dans un domaine plutôt que de toucher un peu à tout.

« Si vous êtes vu comme un expert, vous devenez une personne-ressource, et c’est très important ».

Enfin, l’éducation est cruciale et peut « changer la trajectoire d’une vie ».

 

 

Sources :

   http://www.freep.com/story/money/business/columnists/carol-cain/2016/07/02/carol-cain-wall-street-detroit-suzanne-shank/86551838/

   http://www.crainsdetroit.com/awards/mostinfluentialwomen/3406944/Suzanne-Shank

   http://afriquefemme.com/fr/111-vie-pro/femmes-leaders/7625-suzanne-shank-la-femme-noire-la-plus-riche-de-wall-street

 

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